Interview : « Avec Ilyse, nous pourrons mettre en commun nos besoins et problématiques avec les futurs autres mécènes. »

Le 25 novembre 2022, Mersen France SB devenait le premier mécène de la fondation ILYSE, catégorie « Ami ». Nadia Sicard, Responsable des ressources humaines, et Frédéric Houdelot, Directeur du site Mersen France SB, nous livrent l’importance de cet engagement auprès d’Ilyse.

Visite et présentation des ateliers de production de Mersen France SB par Frédéric Houdelot, directeur du site.
Marc Chassaubéné, président d’Ilyse et Delphine Gréco, déléguée générale d’Ilyse découvrent les lignes de production et les équipes de Mersen France SB

Pourriez-vous nous dire quelques mots au sujet de l’activité du Groupe Mersen et de Mersen France SB ?

Frédéric Houdelot : Le Groupe Mersen compte 7000 personnes et comprend deux pôles d’activités
principaux qui sont :

  • Les matériaux avancés. Notre expertise matériaux dans le graphite, le composite carbone/carbone , l’isolation carbone, le graphite souple et le carbure de silicium (SiC) nous permet de vous proposer des solutions performantes dans les industries de procédés, l’aéronautique, le photovoltaïque, les semi-conducteurs, les LEDs ou encore le stockage d’énergie.
  • L’Electrical Power. Nos produits évitent la destruction d’équipements électriques industriels et tertiaires, assurent la fourniture ininterrompue du courant et participent à la stabilité du réseau électrique. Cette fonction est réalisée par des fusibles industriels et tous les accessoires connexes (pour éviter les courts-circuits) et par des parasurtenseurs (pour protéger l’équipement des dommages causés par les surtensions)

Au sein de ce pôle Electrical Power, Mersen France SB est le site français le plus important. Nous
sommes spécialisés dans la fabrication de fusibles, d’appareillages pour fusibles et de capteurs de
courant pour le secteur ferroviaire.
Nous disposons du centre R&D Monde concernant l’activité fusible et d’un laboratoire d’essais. Ce
dernier nous permet de réaliser en interne nos essais de fortes puissances. Il s’agit d’un atout
important vis-à-vis de nos concurrents. Nous avons, d’ailleurs, comme projet d’étendre les capacités
de ce laboratoire pour permettre la réalisation d’essais des clients externes.

Comment se positionne le groupe Mersen par rapport aux enjeux actuels liés à l’énergie ?

Frédéric Houdelot : 52% des produits vendus par le Groupe Mersen sont destinés au marché des
énergies renouvelables. Ainsi, nous sommes bien placés par rapport à l’actualité de l’énergie, car
bien positionnés sur le sujet des énergies renouvelables.
Concernant Mersen France SB, nous sommes fortement impliqués par l’actualité sur différents plans. Nous observons une évolution importante de notre chiffre d’affaires ainsi que des prévisions intéressantes pour les années à venir puisque nous fournissons beaucoup de protections pour le marché éolien et photovoltaïque. Nous progressons également au sein du marché du stockage de l’énergie car nous protégeons ces équipements qui ne sont ni plus ni moins que des batteries. Nous allons également nous lancer dans la production de conducteur électrique et de protection électrique pour les véhicules électriques. Mersen France SB a été choisi pour être le site de production industrielle des busbars, qui est l’un des composants d’une batterie. Nous allons développer à partir de maintenant un atelier de fabrication exclusivement réservé à cette activité.

Il y a un peu plus d’un an, le Groupe Mersen a investi au cœur du site de Saint Bonnet de Mure dans
une centrale photovoltaïque. Ainsi, nous sommes en mesure de produire 22% de notre
consommation annuelle. Cet investissement est d’autant plus pertinent maintenant au vu des prix de
l’énergie. Cela nous aide à amortir ces coûts.

La nature même de vos activités en lien avec la mobilité durable, la préservation des énergies notamment renouvelables, s’inscrit tout naturellement dans votre politique RSE. Est-ce que cela influe aussi sur vos recrutements ?

Nadia Sicard : Oui, on s’aperçoit que cela a un impact. Nous n’échappons pas aux difficultés actuelles
à recruter. Quand précédemment, nous étions en tension sur certains métiers seulement,
aujourd’hui tous les métiers sont touchés… des opérateurs de production aux métiers de cadres
supérieurs.

Ainsi il est important de travailler la politique RSE pour attirer davantage. Les jeunes en phase de recrutement sont sensibles à l’environnement


Par exemple, c’est important pour eux de travailler sur un site qui dispose de bornes électriques. Ils portent également une attention certaine à notre engagement pour la diversité. Le travail sur l’égalité homme-femme, sur la marque employeur, sur l’inclusion de tout type de population sont des arguments différenciants. Nous travaillons beaucoup à l’intégration des femmes sur des postes d’ingénieurs et cadres. Mersen France SB compte 48% de femmes et 52% d’hommes. Cependant, les femmes ne sont représentées qu’à 27% dans les professions ingénieurs et cadres. Ce qui est déjà bien par rapport à notre cœur de métier qui est l’industrie, mais nous pourrions faire mieux.

Frédéric Houdelot : Il est important de noter que nous avons beaucoup de dames sur les process automatisés. Souvent dans les usines, le personnel féminin se trouve sur les postes manuels, c’est une habitude qui remonte à loin, du fait de leur dextérité. Avoir de nombreuses conductrices de lignes et animatrices de lignes et une grande satisfaction.

Qu’est-ce que cela représente pour Mersen France SB de devenir mécène de la fondation ILYSE ?

Nadia Sicard : L’important est d’encourager la proximité locale d’implantation de Mersen France SB
dans l’est lyonnais avec les publics que l’on ne réussit pas nécessairement à capter. Notamment les
jeunes. Il fautles sensibiliser dès le plus jeune âge aux métiers de l’industrie pour redonner un coup
de boost à l’image portée par le secteur. Il faut leur montrer que les métiers manuels de production
sont indispensables dans notre société de consommation actuelle. Leur montrer également que ces
métiers sont valorisés.

Frédéric Houdelot : On a tout intérêt à se rapprocher de la population locale en parallèle de nos recherches nationales parce que nous avons surement des possibilités à proximité.

Cette mise en proximité est un axe emprunté par Ilyse qui nous a convaincu !
Je vois également le bien-fondé du partenariat avec Ilyse pour son aspect collectif.

Quand nous agissons, nous le faisons seul. Avec une association ou autre structure, mais de manière ponctuelle et trop discrète. Avec Ilyse, nous pourrons mettre en commun nos besoins et problématiques avec les futurs autres mécènes. Je suis convaincu que nous sommes toujours plus forts en agissant collectivement que seul. Prenons les problématiques de recrutement par exemple, d’autres sociétés sont également concernées. Nous pourrions mutualiser des savoir-faire et des compétences pour attirer davantage.

Nadia Sicard : Si la sensibilisation n’est pas réalisée dès le plus jeune âge au sujet des opportunités
offertes par le secteur industriel, nous aurons beaucoup plus de difficultés à attirer du monde vers
nos métiers. Les collaborateurs sont également attentifs à ce genre de partenariat. J’ai eu un retour
très positif d’un vice-président qui m’a dit « c’est une super initiative bravo ». En cela, on voit que
c’est une action importante, qui touche les salariés et qui leur parle.

Si vous deviez sensibiliser vos pairs industriels à l’intérêt de rejoindre la fondation ILYSE, quels seraient vos arguments ?

Frédéric Houdelot : Pour mettre en valeur le domaine industriel auprès des plus jeunes notamment,
il faut qu’on le fasse collectivement. Il est important de garder une continuité dans nos actions.
Par exemple, pour capter les jeunes il faut faire visiter une usine et deux mois après il faut organiser
une nouvelle visite. Le but est qu’ils retiennent un maximum d’informations. Les opérations one shot
ne sont pas suffisamment efficaces pour atteindre cet objectif. Ilyse peut nous aider en tant
qu’industriel à mutualiser ces actions de médiation afin de garantir cette continuité.

Nadia Sicard : S’engager avec Ilyse, c’est capitaliser pour l’avenir. Ce que nous mettons en place
aujourd’hui, certes on n’en verra surement pas le fruit, mais nous le faisons pour les générations
futures, pour nos enfants…

Frédéric Houdelot : Je compte sur Ilyse pour nous faire partager les bonnes pratiques industrielles des uns et des autres. Chez Mersen on a la chance d’être une entreprise importante localement, d’avoir des moyens. Ce qui n’est pas forcément le cas d’autres petites sociétés. En revanche, les petites sociétés sont parfois plus innovantes que nous. Nous devons nous nourrir de ces idées. Et ça, j’aimerais l’expliquer à d’autres futurs mécènes.

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